Apprentissage actif

photo d'une ardoise d'école

A l’époque…

Je me souviens, dans les années 1995-96, le Sénateur René Monory  – ancien ministre de l’éducation nationale –  intervenait à la radio. Il expliquait que « demain l’éducation passera par un apprentissage actif et non plus passif« .

« Demain », nous y sommes !

En effet, toute la communauté éducative est prête à participer aux évolutions techniques pour améliorer la pédagogie des cours et l’apprentissage du XXIème siècle : pour une « école moderne« . C’est ainsi que depuis 10 ans, on se démène pour essayer de mettre des nouvelles technologies, des TBi dans toutes les classes, des tablettes en primaire, des portables au collège… etc.

Oui, mais…

En tant que technicien informatique, j’ai constaté des problèmes : des budgets hors de prix étaient calculées, des solutions étaient financées avec difficultés, des installations finalement inadaptées. On fait des kermesses pour récolter de l’argent, on frappe aux portes pour plus de subventions, on racle les fonds de tiroirs.

Pour les recrutements d’élèves et le maintient des classes rurales (en voie de disparition), on s’est donné bonne conscience en faisant publicité de ces moyens technologiques acquis mais pas toujours fonctionnelles et même parfois pas installées dans leur totalité.

La formation des enseignants à l’usage de ces nouveaux outils n’est même pas prise en compte dans l’audit du projet d’installation. Les profs se retrouvent seuls avec des écrans, des projecteurs, des souris et tout ça grouillent au fond de la classe sans qu’on sache quoi en faire. Ca brille, c’est beau, c’est neuf, ça fait high-tech mais bon, nos enfants ne savent toujours pas bien lire ni écrire.

Heureusement, des passionnés attentifs chez les enseignants donnent le LA aux équipes qui veulent faire au mieux évitant de culpabiliser par le devoir de réussite qui leur incombe avec tous ces beaux et coûteux moyens (initules) qu’on leur remet.

Où est l’apprentissage actif ?

Si l’on regarde bien, on apporte une pédagogie plus pratique mais dire qu’elle est « active » au sens du discours de René Monory, je ne pense pas !

Il faut réinventer l’école de demain. Pas celle des discours, ni celle qui ajoute une feuille supplémentaire au mille feuille de l’existant, ni celle des syndicats qui demandent toujours plus de moyens financiers mais repenser totalement l’usage des outils et la manière de transmettre les savoirs.

Le monde change

le monde change

Nous sommes en 2016, bientôt nous parlerons de plus en plus des robots (ou algorithmes), nous découvrirons ce qu’est l’entreprise de demain. les pratiques de vies et de consommations changeront. Le commerce sera révolutionné. On différenciera la notion de travail et de travail rémunéré. Une révolution est en marche !

Toujours en 1995, un certains sociologue disait « aujourd’hui (en 1995) nous changeons 5 fois d’entreprise ou de patron dans le même métier ; demain, nous changerons 5 fois de métier ! « .

A t on pris conscience de cela à l’époque ?
Que constate-t-on aujourd’hui dans la mobilité de l’emploi et la pluri-activité ?
A-t-on instauré de nouvelles pratiques fondamentales dans nos modes éducatifs ?

Au lieu de construire l’apprentissage par des modules, des matières dont l’élève ne trouve ni sens ni motivation. Ne peut-on pas imaginer que l’école est une grande entreprise où la classe travaille un projet, un thème/un métier pour lequel il est nécessaire d’aller chercher une formation (en maths, en français, en anglais afin de répondre à des besoins ? et si… nous passions à l‘apprentissage actif !

La classe inversée

 classe inversée

les méthodes pédagogiques actives constituantes à cette démarche ont pour objectif de rendre l’élève acteur de ses apprentissages, afin qu’il construise ses savoirs à travers des situations pratiques ou de recherches.

Mon gosse de 11 ans, a déjà cela dans le sang.
Il bute sur son jeu… il regarde internet pour débloquer sa situation
Il a une notice en anglais qui le rebute dans les réglages de son jeu ?… il consulte le vocabulaire technique anglais pour décrypter, etc.

Pourquoi l’école ne saurait elle pas faire ainsi ?

Quelques ressources à explorer :